Ne croyez pas tout ce qui est écrit ici, allez vérifier par vous même.

LA CONSCIENCE EST LA TOTALITE DE L'EXPERIENCE






Nous ne sommes rien d'autre que la conscience elle-même, c'est la seule réalité qui soit. Rien d'extérieur ne peut être saisi car rien n'a jamais quitté la source. Il y a une grande légèreté à n'être rien, à voir que tout émerge de ce "rien" et y retourne.


UNITE DES PERCEPTIONS





Ce soir là, brusquement, il y eu la compréhension que les sensations corporelles n’étaient pas personnelles au même titre que ce qui est vu, entendu, gouté et senti : l'ensemble des ressentis se retrouvent à égalité de perception, à la même distance sans distance. 
Les cinq champs de perceptions ne sont pas personnels : il y a simplement perception. 
Le corps est simplement une perception comme une autre et il est vu que la pensée qui dit : « c’est mon corps » vient après, c’est une couche rajoutée qui est produite par l'imagination. 
L’idée d’être ce corps s’estompe : l’identification tombe, la conscience redevient telle qu’elle est : pure lumière consciente, libre et totalement vide d’objets. 
Le corps devenait le monde et le monde devenait le corps, il n’y avait plus aucune séparation, plus d’intérieur ni d’extérieur, plus de sujet ni d’objet : la vie se célébrant elle même en son coeur. 
Il n’y a que cela, pure perception… lorsque « le moi » qui s’était pris pour le corps fut démasqué, il disparu instantanément car il n’était fait que d’illusion. 

L'OEIL DU CYCLONE




Pendant une fraction de seconde, le monde a disparu avec moi, englouti dans un vide vivant et lumineux, si vivant qu'il n'y avait que Cela, si simple que rien d'autre n'aurait pu perturber cette paix silencieuse. 
Ce fut instantané, j'étais devenu totalement transparent au point de ne plus remarquer l'absence de moi-même.

TERMINUS POUR L'EVEIL : RESSENTIR ET MOURIR EN SOI



L'éveil ... un grand malentendu règne autour de cette notion dont s'empare l'individu pour en faire nouveau dogme. Pourquoi dit-on que personne ne s'éveille ?
Personne ne peut s'éveiller tout simplement parce-que le personnage n'a pas d'existence réelle. C'est la réalisation instantanée, hors du temps, de l'unité absolue de la conscience. Il n'y a pas un "moi" séparé autonome, il n'y a absolument rien de ce genre. Cette réalisation n'arrive jamais demain, elle se réactualise d'instant en instant. 
Le personnage est aussi souvent confondu à tord avec l'ego.
Pas besoin de tuer ni l'un ni l'autre, il n'y a personne pour le faire.
Tuer le personnage est impossible car il n'existe pas.
Tuer l'ego est impossible car il fait partie intégrante des mécanismes qui constituent l'être humain manifesté et incarné. C'est le mécanisme de protection et de défense qui donne une solidité au personnage, il maintient son intégrité coute que coute.
L'organisme a besoin de l'ego pour fonctionner normalement, sinon nous serions tous à la dérive, c'est un miroir indispensable, tant qu'il y a incarnation, l'être humain est construit de cette façon.
Je parle d'un ego qui reste au service de la conscience, un ego qui a retrouvé sa place en équilibre avec le reste. 
Tout comme la personnalité de chacun, laissons la vie s'occuper de tout cela, nous n'avons aucun contrôle, aucun pouvoir, restons tranquille à observer tout ce petit monde, ça ne nous concerne pas.

Pour résumer, l'éveil est donc la réalisation que personne ne s'éveille. La recherche s'arrête et c'est bien tranquille ici...
Ce qui amène à cet endroit précis, à la croisée des chemins, est différent pour chacun, les perspectives, les points de vues, les histoires, les approches, le vécu deviennent un tremplin. Chacun vivra l'expérience unique qui donne accès au tout. En Chacun, dans ce qu'il a de plus intime est contenu la totalité du monde. 
Ce moment est un mystère total, personne ne peut comprendre ça.

Le mieux est que je vous fasse part de mon expérience car c'est la seule dont je puisse réellement parler. Observons le processus, tout en gardant à l'esprit qu'il est différent pour chacun.
A moins de s'appeler Ramana Maharshi, pour la plupart d'entre nous, l'expérience appelée "éveil" ne dure pas, elle a un début et une fin, elle n'est pas stable, souvent accompagnée d'une multitude de visions fulgurantes pareilles à un feu d'artifice. Ce sont des instants d'éveils, ce n'est pas l'éveil.
Passé la lune de miel, l'identification au personnage (qui n'existe pas) ressurgit brusquement comme un diable qui sort de sa boite. 
A partir de là c'est la franche rigolade, je dirais plutôt la dégringolade. On bénéficie en général d'un tour gratuit pour les montagnes russes ou pour le grand huit au choix.
Le personnage qui s'accroche à son nouveau jouet (l'éveil) se retrouve bien démuni lorsqu'il redescend brusquement sur terre et qu'il faut repartir au boulot, payer les factures, réparer le robinet qui fuit, et sortir les poubelles ! et la chute est parfois terrible, car on croit vraiment être une personne qui s'est éveillée.
Contrairement à certains clichés, après la première vision, la vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais plutôt un torrent déchainé d'émotions, de blessures, de sensations, qui remontent pour être libérées en pleine conscience.
C'est aussi une succession d'échos de compréhensions toujours plus profondes, une alternance de rapprochements et d'éloignements de la source, comme le ferait une onde sur l'eau.
L'organisme se fait secouer par un processus naturel d'élimination et d'effondrement des croyances, comme un mouvement en perpétuel auto-approfondissement.
Je me suis retrouvé face à un déferlement d'émotions si intense que je n'ai pas eu d'autres choix que de plonger dedans, au plus profond, de les ressentir toutes, une à une. Petit à petit, épousant la peur, la tristesse, la colère, le mépris, la honte et j'en passe, faisant corps avec, devenant l'émotion pure, leurs nature négative en apparence s'est finalement dissoute.
Une joie a progressivement pris la place, une joie sans cause, brulante, incandescente, un embrasement total, un feu intérieur a consumé cette masse d'énergie émotionnelle.
Il semble bien que ce feu a transformé ce trop plein émotionnel.
En fait, je ne sais rien de ce processus, je ne sais pas l'expliquer. Les larmes coulaient et le corps brulait, c'est tout ce que je peux en dire maintenant. Tout ces phénomènes font partis de l'expérience, ça passe, c'est transitoire, et ce n'est toujours pas l'éveil.
Il aura fallu plusieurs mois pour commencer à sentir une stabilisation, un ancrage dans la présence.
On ne peut pas échapper à son humanité ici, ressentir est ce qui nous rend vivant, le corps est un accès direct à qui nous sommes, il ne ment pas, c'est un sas, un portail. Les ressentis corporels sont essentiels, lorsque l'attention les parcoure, ils ouvrent immédiatement sur la vacuité de la conscience.
Ne plus fuir, ne plus se protéger, marcher nu dans le torrent des émotions et se frotter aux ressentis du vivant que nous sommes.
Des sensations, des perceptions continuent d'apparaitre, mais ne sont rattachées à rien, elles sont là pour personne, n'appartiennent plus à personne, c'est la vision impersonnelle, c'est très léger.
Il n'y a aucune alternative, dans ce maelström énergétique, ce que je ne suis pas, le personnage, le faux soi, va se déliter peu à peu.
Cette mort initiatique est un acte de foi mille fois répété d'instant en instant, les derniers pas sont effectués dans une solitude totale, au point zéro de mon humanité. 
A cet endroit précis, la croyance d'être une personne disparaît, du petit "moi" transcendé, il ne reste rien, il ne reste que Cela.
Il ne s'est rien passé, instantanément, c'est la révélation la plus simple et la plus évidente qui soit.


UN CHEMIN D'ILLUSIONS




Tant que nous croyons qu'il y a un chemin à parcourir dans le but de trouver quelque-chose, nous continuerons à chercher sans jamais rien trouver.
L'arrêt de la recherche vient avec la réalisation qu'il n'y a rien à chercher, nous sommes simultanément le chemin et ce qui est recherché. En fait, personne ne peut trouver quoi que ce soit.
C'est dans l'abandon total de soi-même que se révèle l'éternel instant. 
De cette évidence spontanée, si déroutante pour le mental, nous ne pouvons rien en faire, rien en savoir de plus, il ne reste qu'a se laisser porter par la présence silencieuse.

LA DUALITE EST UNE FAÇON DE PENSER, CE N'EST PAS LA REALITE







L'expérience directe, c'est arrêter de chercher, c'est voir ce qui se passe maintenant sans s'identifier aux pensées. 
On ne trouve jamais le couple sujet/objet dans la réalité, il n'y a que voir, entendre, sentir, gouter, ressentir ; il n'y a que des perceptions. 
La dualité sujet/objet est créé par la pensée, c'est cette couche en plus qui est prise pour vrai. 

Au début, voir la réalité à travers l'expérience directe est très subtil, on doit être très attentif au cours de l'exploration, regarder avec beaucoup d'attention et de discernement. 
Ce dont on parle ici est un retournement total de perspective. 
Car cela n'a jamais été remis en question, c'est aller au delà d'un conditionnement très très puissant, quasi hypnotique. L'humanité fonctionne dans la dualité, à distance de la source comme déportée dans un rêve, séparée d'elle même en apparence. 
Nous nous sentons séparé parce-que l'idée d'être un "moi" temporel créé une rupture artificielle en l'Unité, en nous identifiant à une pensée qui fait croire à un "non soi" appelé extérieur. 
Je vous invite à observer très simplement la réalité jusqu'a fusionner, jusqu'a la disparition du personnage. 
Par exemple, constatez-vous une distance entre ce que vous voyez et ce qui est vu ? ou est-ce la même chose ? 
Constatez-vous une distance entre ce que vous entendez et le son qui est entendu ? ou est-ce la même chose ? 
Dans l'expérience de regarder un nuage, y a t'il quelqu'un qui regarde ? ou est-ce une pensée ? le nuage à t'il besoin de quelqu'un qui regarde ? 
Y a t'il un endroit dans l'expérience ou commence "quelqu'un" et ou se termine ce qui est vu ? 
Constatez très simplement que la perception est la totalité de l'expérience, il n'y rien d'autre en dehors, pas de sujet, pas d'objet. 
Observez qu'une "pensée image" de conditionnement est toujours accolée à la perception pure, c'est cette pensée qui est prise pour vrai, elle met une étiquette à tout ce qui est perçu, et cela d'instant en instant. A travers ce filtre mental, le vivant se voile, la distance apparait, c'est mort, c'est la routine, c'est l'habitude, c'est gris. 
En fait, Cela qui perçoit n'est jamais séparé de rien, il prend la forme de toute chose tout en restant Cela. 
Nous sommes potentiellement la substance de toute chose. 
Lorsque la réalité apparait telle qu'elle est dans l'instant, les conditionnements disparaissent, l'objet est vu pour la première fois mais fait de notre propre substance. 
L'étiquetage mental de l'objet disparait, le stylo, la fourchette, la chaise etc...ainsi que les émotions, sentiments sont contenus en ce que je suis. 
L'objet banal en apparence devient un mystère vivant d'une incroyable beauté. 
L'objet émotion peut être ressenti dans sa totalité, il circule librement dans le corps sans blocages puis disparaît. 
De cette unité retrouvée, l'Amour est tout ce qui est. 
Cette façon de percevoir est notre nature, pas besoin d'avoir fait des années de méditation, d'avoir côtoyé un maître éveillé, d'être diplômé de je ne sais quelle école du mystère. 
Je ne vous parle pas ici de spiritualité ! je vous parle d'un processus naturel. Lorsque nous sommes prêts à tout lâcher, c'est disponible maintenant, pour chacun d'entre nous, au rythme de chacun et coloré par le filtre de chacun. Il y a autant de points de vues et d'approches que d'êtres humains. 
Il n'y a pas de recettes pour plonger au coeur de notre humanité. 
Nous sommes la source que nous n'avons jamais quitté. 

DE LA CONSCIENCE A LA FORME



L'attention est de la conscience qui prend forme. 
En conséquence, tout ce qui semble apparaitre à l’extérieur est une variante de nous même. 
Le seul pouvoir que nous ayons c’est de choisir de le voir ou pas ! 
Dans le mode séparé : quelqu’un porte son attention sur quelque chose. 
Dans le mode unifié : la conscience se connait elle même en prenant forme. 
Fondamentalement, peu importe la forme que nous prenons, nous ne cessons jamais d’être ce que nous sommes, le reconnaitre nous ramène à la source. 
Cela n’empêche pas le vécu de se balancer alternativement entre les deux modes, tantôt séparé ou tantôt unifié, c’est mon expérience d’être humain. 
Dans ce sens, nous pouvons dire que nous sommes des êtres multidimensionnels. 

SIMPLICITE



Dans cette inextricable complexité apparente de nos vies, nous nous perdons dans les infinies possibilités qui semblent se présenter. Nous regardons à partir de l'individu situé quelque part sur la ligne du temps et nous croyons faire des choix. Nous nous enfermons alors dans le labyrinthe des regrets, des souvenirs et des espoirs déçus auxquels nous nous identifions. 
Souvent, nous entendons dire : c'est ma vie, j'ai fait ma vie, ma vie est derrière moi etc...

Et si tout cela n'était qu'un leurre, une simple illusion.
Nous pouvons abandonner tout ce que nous pensons de nos vies, c'est un poids aussi inutile qu'encombrant, nous ne sommes pas moins nous-mêmes lorsque nous en déposons le contenu. Nous avons la possibilité de nous alléger totalement de ce fardeau car ce sont des croyances, des souvenirs, ce n'est pas réel. Seul maintenant est réel.

Vouloir comprendre notre vie avec la tête porte en lui le germe de sa complexité et nous éloigne toujours plus de nous même. Souvent ressassées en boucles, les complaintes de l'ego abandonné tournent sans arrêts autours des souvenirs accumulés.
Même si nous utilisons le raisonnement qui est adapté au monde manifesté, il ne peut rien comprendre de la conscience qui est en dehors de tout ce qui est connu. 

Lâcher le connu et regarder à l'intérieur avec la compréhension vivante, voire que tout est déjà là, que nous n'avons jamais bougé d'un millimètre de notre vrai nature, libre du passé, libre de tout dans l'instant.

La simplicité réside dans l'Unité du coeur d'ou émane simultanément et instantanément la compréhension vivante.
Nous sommes Cela.

JEU DE CACHE CACHE





Comme un soleil, notre vrai nature est juste voilée par quelques nuages.
Parfois, l'épaisseur du voile est si dense que la nuit noire s'installe, pourtant, le soleil est toujours là, étincelant.
Nous sommes le soleil qui ne se voit pas en tant que soleil parce-que la distance avec lui-même est telle, qu'il croit que les nuages ont pris sa place.
Nous sommes bien cachés sous l'apparence du monde extérieur, sous l'apparence de l'autre, enfermé dans un rôle, une définition, nous sommes partout, sous toutes les formes infinies que prend le kaléidoscope des identifications au moi ou à ce qui n'est pas moi.
Ce jeu de cache cache est la vie qui se cherche, ce n'est qu'un jeu, nous ne risquons rien car nous ne sommes jamais vraiment perdus. En l'espace d'un éclair, nous pouvons retrouver la totalité de qui nous sommes, retrouver l'Unité instantanément.
On réalise alors que ce n'était pas vrai, c'était comme jouer à se perdre pour mieux célébrer les retrouvailles.



LE DEBUT EST LA FIN




Le jour ou j'ai réalisé que j'étais rempli de rien, je n'ai pas éprouvé le besoin d'en savoir plus. 
Cette vacuité se suffisant à elle-même, je me suis retrouvé comblé de l'intérieur, ici, rien ne manquait. 
Plus besoin de gravir les marches, la première étant la dernière, j'étais déjà arrivé avant même de partir.

LACHER CE QUE NOUS CROYONS ETRE



Tout abandonner ? même le chercheur ? 
Pas d'inquiétude, sans lui nous sommes encore présent. 
Nous ne pouvons pas nous trouver si nous cherchons quelque part à l’extérieur, au loin, dans un futur hypothétique. Nous recherchons ce que nous sommes déjà, c’est le piège du chercheur, en cherchant, nous nous éloignons de la source et renforçons le personnage. 

Voici la bonne nouvelle que j'ai la joie de partager avec vous : 
Pas besoin de chercher, nous sommes déjà présent, maintenant, conscient, vivant, c’est nous, nous sommes cela, il n’y a rien d’autre. 
C’est difficile car nous nous cherchons en tant que quelque chose, mais c’est vide, nous ne sommes pas quelque chose ! 
Nous sommes le strictement banal qui n’est jamais remarqué par le mental, nous sommes la conscience de maintenant : c’est le grand mystère vivant de qui nous sommes qui est passé sous silence, incroyable déni dans un monde ou la perspective semble inversée. 

Il y a souvent une pensée récurrente qui nous éloigne de nous même et qui raconte que nous n’avons pas trouvé, que ça ne peut pas être aussi simple, que ça devrait être beaucoup plus spectaculaire, que nous devrions être plongé dans une extase mystique ou quelque chose comme ça. 
N'écoutons pas la petite voix qui nous dit comment ça devrait être. 

Nous ne sommes pas la pensée qui dit ça, nous sommes cela qui constate cette pensée, avant la pensée, toujours présent : c’est nous; nous ne sommes jamais parti de là ou nous sommes ! Nous ne pouvons pas rater ce rendez-vous ! Il est impossible de ne pas être ce que nous sommes. 


L'outil qui nous sert à penser ne peut pas accéder à l'expérience d'être conscient, la nature du raisonnement intellectuel est étranger à la nature de "être". N'essayons pas de comprendre, allons nous installer au coeur du vivant, là où il n'y a plus personne, hors des croyances et des concepts. 


Voyons simplement ce que nous ne sommes pas et à mesure que les couches d'illusions auront été dissoutes, il ne restera que "ce rien" ici. En perdant tout ce que nous ne sommes pas nous retrouvons notre véritable identité. Nous sommes la même conscience universelle projetée, modulée et filtrée à travers le prisme de chaque être humain à l'extérieur, nous ne faisons qu'Un à l'intérieur. 


Ne cherchons plus, ne fuyons plus, laissons la vie s'occuper de l'extérieur, du monde. 
Regardons ce qui est ici, un regard suffit, un regard intérieur. 


C'est radical parce-que tout peut être abandonné. 
C'est difficile car on parle bien de la liberté de ne rien être, située aux antipodes des conditionnements d'une société engluée dans le matérialisme et l'individualisme. 

C’est aussi extrêmement simple en ce sens que tout est déjà accompli. Oui, tout abandonner... mais qui pourrait tout perdre au fond, puisqu'il n'y a personne pour lâcher prise, c'est déjà libre de tout. Personne ne peut abandonner, le lâcher prise est une conséquence directe de la vision qu'il n'y a pas d'individus séparés. 


RIEN A FAIRE




Par la voix des sages, on entend souvent dire "Il n'y a rien à faire" : une affirmation bien embarrassante pour MOI.

Le personnage, chercheur en devenir, fait des tas de choses, il médite, il prie, il pratique, lit de nombreux ouvrages de spiritualité, participe à des stages etc... faire est ce qu'il sait faire de mieux ! Continuer à chercher, s'améliorer, courir, s'agiter, et ne jamais trouver, laissons le faire jusqu'à épuisement, c'est son truc et c'est parfait comme ça.

A force d'aller se cogner contre la bordure du monde pour se trouver, l'attention finit par remarquer une petite anomalie.
En effet, malgré tous ses efforts, l'individu ne se trouve jamais réellement lui-même à l'extérieur, le monde ne dit absolument rien sur ce qu'il est. 
Seule la conscience qui perçoit le monde est réelle, elle le contient et en est à la fois la substance.
L'individu est juste une projection mentale dans le monde et dans le temps, il est construit de rien, c'est un amas de pensées.

Faire ou ne rien faire est une question de perspective :
Du point de vue de la conscience, "Cela" qui regarde le monde ne fait jamais rien et il est vu qu'il ne s'est jamais rien passé.
Ou dit autrement : il n'y a rien à faire pour être.

Par contre, du point de vue du personnage temporel, bien au contraire, tout reste à faire.
Le chercheur fait des tas de choses, surtout des choses qu'il fera demain dans le but de s'éveiller, laissons le faire, c'est pas grave.
Parfois, au bout du bout, une grande lassitude remplace "le faire", à l'endroit de l'effondrement de l'idée d'un "moi" qui pourrait faire quelque chose.
C'est la vision "Une" que ça se fait sans MOI ! la vie prend déjà tout en charge.

Comme un caméléon, il est très amusant de passer du faire au rien faire, cela ne change rien à la nature de qui nous sommes.
Dans ce jeu de miroir et d'apparences on ne peut jamais vraiment se perdre.
Laissons faire ...

A LA RECHERCHE DE « MOI » DANS LE CORPS





Alors que je cherchais désespérément à me localiser dans le corps, plus l’attention se portait en profondeur, plus la sensation d’un corps solide et matériel semblait partir en fumée. 
Dans l’expérience directe, Il n’y a pas de corps en tant que corps matériel séparé, il n’y a que des sensations, des perceptions de corps. 
Comment une perception, une sensation pourrait elle avoir une consistance matérielle quelconque ? 
Au centre de cet organisme virtuel fait de sensations et de perceptions, on ne trouve personne : c’est totalement vide ! 
et pour cause, l’idée d’être « moi » n’est qu’une idée, en réalité, ce n’est pas ce qui se passe, c’est cette fausse pensée racine rajoutée a la base de toute les autres et sur laquelle l’attention se focalise qui sert de fondation au rêve d’individualité. 
C’est simplement une contraction énergétique qui prend l’apparence de l’image d’un faux soi. C’est la raison pour laquelle, l’attention consciente que je suis ne trouve pas d’individu solide ici au centre. 
Lorsque c’est vu, il n’y a alors plus de séparation, lorsque la sensation d’être un individu séparé disparait, le sujet et l’objet fusionnent et il ne reste que la conscience se connaissant elle même. 
C’était simplement une erreur d’interprétation de ce qui est, la conscience est universelle et non personnelle : c’est notre nature véritable. 

PERSONNE NE SE SOUVIENT D’UNE EXPERIENCE D’EVEIL





C’est impossible, vouloir retrouver une expérience d’éveil dans les souvenirs est vain, le vivant n’est pas un souvenir, le vivant est ce que je suis maintenant, ce que je suis maintenant n’est pas un personnage ni un individu, ce n’est pas concevable objectivement par le mental, le raisonnement est absent de la vision. 
Si compréhension il y a, c’est toujours la compréhension vivante de l’instant, il ne s’agit pas de la maintenir dans le temps mais de la réactualiser d’instant en instant : c’est la pratique.

L’EVEIL EST LA DECOUVERTE QUE PERSONNE NE S’EVEILLE





Il n’y a pas d’individu séparé à proprement parler. Il n’y a que la conscience universelle qui prend forme, il n’y a que des modulations de l’Unité donnant apparement naissance au temps et à l’espace. 
En quelque sorte, on pourrait dire que la conscience se densifie pour se donner l’impression d’être une personne. 
La conscience prend la forme du monde tout en restant elle-même ou dit autrement : Je suis la totalité du monde. 
Ce qui est trompeur, c’est de croire que le petit « moi » imaginaire contient la conscience, car le contenant est aussi le contenu et il ne peut pas être connu par quelqu’un d’extérieur. 
Rien ne peut être rajouté ni enlevé car tout est là, ici, maintenant, dans l’instant, vide remplit de vie à profusion. 

L’éveil n’est pas une compréhension intellectuelle arrivant a une personne mais il s’agit plutôt de la compréhension vivante et instantanée de " ce qui est " se répondant à elle même.

DU RIEN




Nous aurons beau ériger toutes les forteresses du monde pour protéger ce que nous croyons être et avoir, à la fin, il ne restera que du rien.
La joie sans cause émerge toujours du dépouillement véritable, car n'être rien est l'endroit de notre richesse.



UNE HISTOIRE DE PEUR


Ce fut au début de l’année 2005 que je traversais une période difficile, quelques mois après la naissance de mon deuxième fils. 
Parfois, un sentiment de vide immense provoquait en moi une sensation de mort imminente, cela se manifestait sous la forme d’attaques de paniques imprévisibles et très angoissantes. 

Au début, je résistais énormément à cette peur panique, ce qui avait pour effet de l’amplifier encore plus. Cela devenait très envahissant et même handicapant dans certaines situations de la vie courante. 

Un soir, n’en pouvant plus, vraiment à bout de force, je décidais de m’abandonner à cette peur, de me laisser traverser. 
Je m’allongeais sur le lit et tremblais comme une feuille, cette sensation de mort imminente complètement irrationnelle m’étreignais jusque dans les os. 
N’opposant plus aucune résistance, je me laissais prendre totalement. 
Les sensations étaient très physique, douloureuses même, boule au ventre, serrement dans la poitrine, tremblements. 
Alors j’entrepris d’explorer cette peur, d’y faire face, de ne plus la fuir et de la ressentir enfin complètement. 
Ce processus d’exploration dura un certain temps, je faisais corps avec la peur, avec l’angoisse et paradoxalement, plus je faisais corps avec, plus il semblait que l’intensité diminuait. 
Je restais avec plusieurs heures et brusquement il y eu un relâchement dans le corps comme un soulagement. 

En même temps qu’une prise de conscience que cette peur n’était pas « ma peur », que je n’en était pas la source, que je ne me sentait plus concerné, il y avait cet immense espace qui l’avait prise en charge, qui lui laissait de la place comme pour l’accueillir. 
Puis en un instant, la peur s’est complètement dissoute dans ce vide lumineux.

Le sommeil prit le dessus, et je m’endormais comme un bébé. 
Au petit matin, je constatais que la peur avait disparue… 
Je contemplais un espace intérieur complètement vierge, nettoyé par un feu libérateur ou la vie pouvait à nouveau se déployer. 

Affronter sa peur en pleine conscience est une étape décisive et incontournable afin de comprendre qu’elle n’est pas réelle. 
Au cours du cheminement, certains témoins nomment cette période « la nuit noire de l’âme » ou parfois le « Gardien du seuil ». 
Quelques années de maturation plus tard, l'expérience du vide fit son retour. 
La peur était devenue une amie qui pouvait encore parfois me visiter, elle était toujours la bienvenue. 

PETITES PHRASES POUR DIRE MAINTENANT



Le temps est une illusion conceptuelle, une façon de penser, le temps n’existe pas dans la réalité. 
Voyez que vous ne pouvez jamais sortir de maintenant. 
Le passé remonte de la mémoire maintenant. 
Nous imaginons l’avenir maintenant. 
Passé et futur coexistent maintenant. 
Jamais, à aucun moment nous ne sommes sortis de maintenant. 
Le seul moment qui soit est maintenant. 
Nous restons éternellement et parfaitement immobile dans maintenant. 
Maintenant et Conscience sont deux mots pour dire la même chose. 
Autrement dit, je suis l’instant présent, c’est pareil. 
Je suis toujours conscient maintenant. 
Il n’y a nulle part ou aller ailleurs que maintenant. 

Rien n’existe en dehors de maintenant. 
Maintenant contient la totalité du monde. 

AU COEUR MÊME DE SON HUMANITE


A l’intersection du personnage temporel horizontal et de l’instant vertical se trouve le coeur de mon humanité, l’endroit d’ou viennent les rires et les larmes, l’endroit ou l’on se sent intensément vivant, ou il n’y a pas de place pour la demi-mesure, ou l’incandescence de l’être est a son maximum, c’est ici que se situe mon foyer, dans le point zéro de mon humanité. 

Nous ne sommes pas fait pour la tiédeur et les limitations du mental, ce n’est pas notre nature véritable. Nous sommes l’infini sans début ni fin se manifestant dans un corps fini et unique. C’est la « friction » entre le feu que nous sommes et le monde limité qui produit cette incandescence. 

Reconnaissons cette puissance infinie.

NE PLUS RIEN SAVOIR





La description de l’expérience est très pauvre en éléments objectifs, difficile à appréhender et décevante par l’absence d’apparitions fantastiques ou exotiques. 

A cet endroit, je ne suis plus rien, je ne sais plus rien, 
Je ne suis pas clairvoyant 
Je n’entends rien de l’au-delà 
Je ne communique pas avec d’autres mondes 
Je ne parle pas à un ange gardien 
Je ne connais rien des énergies subtiles, des chakras 
Je ne sais rien de la réincarnation 
Je ne reçois pas de messages de dieu 

Je me présente devant vous les mains vides, car la totalité de ce savoir est contenue dans la présence, vide de tout objet, c’est l’endroit de mon éternelle demeure.

UNE AUTRE PERSPECTIVE



Pour commencer l'exploration, allons nous installer dans l'expérience d'être conscient.

Dans un premier temps, une observation attentive montre que nous ne sommes pas ce qui arrive à la conscience mais ce qui est conscient.
Nous ne sommes pas une sensation corporelle, nous prenons conscience d'une sensation corporelle.
Nous ne sommes pas situés quelque part dans le corps, nous sommes la conscience dans laquelle le corps apparaît.

Ce qui apparaît à la conscience n'est jamais ce que nous sommes, quelque soit ce qui apparaît : pensées, émotions, sensations, perceptions. Tout cela est en mouvement permanent.
A bien y regarder, ce n'est pas vraiment réel car c'est toujours transitoire, en devenir, en transformation.

Ce qui apparaît est toujours un objet pour la conscience. 
Le "moi" est un objet dans la conscience, l’idée d’un "moi" est un hologramme mental, une image, une projection. 
Ce qui disparaît est aussi un objet. 
Seule, demeure la conscience, immobile, sans objet : c'est la seule réalité toujours présente qui soit, sans aucun effort, l'expérience d'être conscient se suffit à elle-même.

Mais si nous sommes la conscience, alors pourquoi l'identification à certains objets est elle automatique ? Parce-que l'attention reste collée à ces objets, comme fascinée par eux.
Il y a alors la croyance que nous sommes l'objet qui apparaît, que nous sommes le corps, le personnage, l'individu.

Lorsque l'attention s'installe avant cette croyance, il est clairement vu que nous ne faisons que l'expérience d'être conscient, c'est ce que nous sommes : espace vivant, présence consciente dans lequel tout apparaît et disparaît.

Dans un deuxième temps, la vision s'approfondit encore pour constater que l'objet qui apparaît est fait aussi de conscience, il n'y a donc plus de distance entre le sujet et l'objet effondrant du même coup l'impression de séparation.
Au bout du compte, il n'y a que cela, le corps devenant la totalité ou disparaissant dans cela, c'est la même chose, le début et la fin repliés sur le même point.



UNITE DE L’EXPERIENCE VIVANTE



Il n’y a pas d’extérieur, tout apparaît en ce que je suis, le monde, les objets, les personnes, les pensées. 
Il n’y a rien en dehors de la conscience, tout est conscience, absolument tout; il n’y a aucune séparation d’avec quoi que ce soit. 
L’illusion de la séparation est maintenue par le mental, par la captation et l’identification à des pensées qui font croire qu’il y a autre chose ! 
Rien n’existe en dehors de faire l’expérience consciente. 
L’expérience vivante ne peut se vivre que dans l’instant et sans distances. 
La nature de la présence est vivante et ne connaît rien d’autre qu’elle-même. 
La présence consciente se suffit à elle même, elle est déjà totalement elle-même et n’a besoin de rien. 
En fait, la conscience qui perçoit n’est jamais séparée et limitée, nous ne pouvons être limités qu’en apparence. 

Autre perspective : Rien de ce qui est connu ne peut être ce que je suis car tout ce qui est connu fait parti du spectacle. Pourtant, si l'on regarde bien, le spectacle et la conscience sont de même nature, comme la vague et l’océan. 

LA COMPREHENSION VIVANTE




La compréhension vivante est la compréhension de se savoir être. 
En effet, pour l’être humain, la certitude absolue d’être conscient est une évidence. 
Cette certitude ne peut être remise en question, et pourtant on ne peut pas la comprendre ni en apporter la preuve dans le monde. 
La compréhension vivante n’est pas extérieure ni temporelle, c’est notre nature véritable maintenant et sans distance, nous n’en avons jamais été séparés, c’est pourquoi, utiliser la pensée rationnelle du chercheur pour tenter de comprendre cela est sans issue. 
La nature du chercheur est une image de la nature de l’être : comment une image pourrait-elle être consciente d’elle-même. 

Plus besoin du chercheur, c’est beaucoup plus intime et plus proche
que quoi que ce soit d’autre, la compréhension vivante est un émerveillement permanent qui réside simplement dans le fait de se savoir être, c’est tout. 

DANS L’INSTANT, JE SUIS LA TOTALITE DE CE QUE JE SUIS





Tu n’as pas besoin d’être quelqu’un car tu es déjà la totalité de qui tu es, déjà complet avant même que le personnage ne vienne s’interposer pour créer l’illusion de séparation.
La réalisation de l’unité est si simple que l’on peut passer toute une vie à côté sans la remarquer : c’est trop simple pour le mental, c’est automatiquement évité : car c’est trop évident pour être remarqué, c’est plus proche que notre propre respiration, ça remplit tout l’espace, c’est ce que nous sommes ; cela ne peut pas être compris mais cela peut être vécu dans l’instant. 
C’est une invitation à regarder avec délicatesse, redevenir petit, dans le silence, le plus simplement du monde et alors seulement la beauté merveilleuse de Cela peut se dévoiler.
En laissant la place vide, la disparition du personnage permet l’accueil de ce qui arrive dans cet espace redevenu libre de toute entrave.
Un incroyable étonnement accompagne cette vision.