Ne croyez pas tout ce qui est écrit ici, allez vérifier par vous même.

RIEN DE PERSONNEL



Pour ne plus croire que les pensées proviennent de quelqu'un qui pense, c'est très simple.

La pensée s'amuse à séparer le monde en deux zones distinctes :
Une zone de perception "moi" : le corps et le mental (sensations, pensées, émotions).
Une zone de perception "non-moi" : le monde et les autres.

Cette pensée racine de se croire un "moi" séparé permet à l'individu d'évoluer dans son monde imaginaire, y demeurer nourrit le jeu d'une humanité coupée de sa vrai nature et cela provient essentiellement d'une interprétation erronée de la réalité.
Il s'agit de regarder très attentivement les deux zones de perceptions étiquetées arbitrairement "moi" et "non moi" et de placer l'attention avant la pensée qui sépare.
Cette pensée séparatrice donne l'illusion que la perception "moi" (corps et mental) est différente de celle du monde.
Or, que l'attention se porte sur une sensation corporelle, une perception visuelle ou auditive, même si elles ne sont pas de même nature, ces perceptions ont en commun d'apparaitre dans la conscience de manière neutre et sans distance. 
A la base, absolument rien de personnel n'est attaché à la perception.
C'est la pensée qui leur attribue une valeur "moi" ou "non moi".
Cette "pensée habitude" est très enracinée dans l'identification au corps et dans les souvenirs depuis la petite enfance.
Repérez cette pensée "moi/ non moi" et voyez que c'est juste une pensée, ne la saisissez pas, "moi" n'est pas ce que vous êtes réellement.
Une fois que cette pensée est vue pour ce qu'elle est, il est réalisé que l'on est simultanément le tout, le rien et le contenant de tout cela.
Il n'y a pas de monde extérieur, ni d'objets existant indépendamment, il n'y a que la conscience qui en fait l'expérience.


LA DOULEUR : UN MAITRE EXIGEANT





Pour passer à autre chose, le corps s'exprime parfois brutalement, la douleur peut tout emporter sur son passage.
Pendant quelques jours, Pierre avait disparu avec son histoire, sa vie, ses espoirs, ses certitudes, le personnage s'était volatilisé, la douleur avait pris toute la place.
Comme un petit animal apeuré, tremblant, recroquevillé dans un balancement instinctif, rien ne pouvait exister autre que la douleur. Il n'y avait que cela.
Rien ne faisait sens, plus de compréhension ni d'interrogation.
La douleur, une facette de l'expérience humaine dont l'intensité ne laisse aucun échappatoire possible.
Lorsque les calmants faisaient effet, les morceaux éparpillés du personnage revenaient se ré-assembler, les morceaux d'un vase brisé dont le nombre et les formes bien distinctes arrivaient à la conscience. Rien de ce qui apparaissait et disparaissait n'aurait pu me constituer. S'identifier à toutes ces formes n'était pas nécessaire, elles flottaient dans la présence, sans être saisies.
Au cours de ce voyage, le personnage s'est perdu, puis il est réapparu. Ce va et vient permet de voir clairement que notre vrai nature est le contenant de toutes ces apparitions sans jamais être affecté par ce qu'il contient.
A la frontière de cette terrible douleur du corps, règne un calme absolu et silencieux : je suis cela.
Faire l'expérience de la douleur intense est aussi l'occasion de vérifier l'extreme fragilité et volatilité de la forme personnelle.
Rassurez vous, il n'est pas nécessaire d'expérimenter la douleur pour voir cela, c'est un clin d'oeil, la vie propose certaines opportunités surprenantes qui nous rappellent que nous pouvons tout lâcher, même la personne que nous croyons être.