Ne croyez pas tout ce qui est écrit ici, allez vérifier par vous même.

RIEN DE PERSONNEL



Pour ne plus croire que les pensées proviennent de quelqu'un qui pense, c'est très simple.

La pensée s'amuse à séparer le monde en deux zones distinctes :
Une zone de perception "moi" : le corps et le mental (sensations, pensées, émotions).
Une zone de perception "non-moi" : le monde et les autres.

Cette pensée racine de se croire un "moi" séparé permet à l'individu d'évoluer dans son monde imaginaire, y demeurer nourrit le jeu d'une humanité coupée de sa vrai nature et cela provient essentiellement d'une interprétation erronée de la réalité.
Il s'agit de regarder très attentivement les deux zones de perceptions étiquetées arbitrairement "moi" et "non moi" et de placer l'attention avant la pensée qui sépare.
Cette pensée séparatrice donne l'illusion que la perception "moi" (corps et mental) est différente de celle du monde.
Or, que l'attention se porte sur une sensation corporelle, une perception visuelle ou auditive, même si elles ne sont pas de même nature, ces perceptions ont en commun d'apparaitre dans la conscience de manière neutre et sans distance. 
A la base, absolument rien de personnel n'est attaché à la perception.
C'est la pensée qui leur attribue une valeur "moi" ou "non moi".
Cette "pensée habitude" est très enracinée dans l'identification au corps et dans les souvenirs depuis la petite enfance.
Repérez cette pensée "moi/ non moi" et voyez que c'est juste une pensée, ne la saisissez pas, "moi" n'est pas ce que vous êtes réellement.
Une fois que cette pensée est vue pour ce qu'elle est, il est réalisé que l'on est simultanément le tout, le rien et le contenant de tout cela.
Il n'y a pas de monde extérieur, ni d'objets existant indépendamment, il n'y a que la conscience qui en fait l'expérience.


LA DOULEUR : UN MAITRE EXIGEANT





Pour passer à autre chose, le corps s'exprime parfois brutalement, la douleur peut tout emporter sur son passage.
Pendant quelques jours, Pierre avait disparu avec son histoire, sa vie, ses espoirs, ses certitudes, le personnage s'était volatilisé, la douleur avait pris toute la place.
Comme un petit animal apeuré, tremblant, recroquevillé dans un balancement instinctif, rien ne pouvait exister autre que la douleur. Il n'y avait que cela.
Rien ne faisait sens, plus de compréhension ni d'interrogation.
La douleur, une facette de l'expérience humaine dont l'intensité ne laisse aucun échappatoire possible.
Lorsque les calmants faisaient effet, les morceaux éparpillés du personnage revenaient se ré-assembler, les morceaux d'un vase brisé dont le nombre et les formes bien distinctes arrivaient à la conscience. Rien de ce qui apparaissait et disparaissait n'aurait pu me constituer. S'identifier à toutes ces formes n'était pas nécessaire, elles flottaient dans la présence, sans être saisies.
Au cours de ce voyage, le personnage s'est perdu, puis il est réapparu. Ce va et vient permet de voir clairement que notre vrai nature est le contenant de toutes ces apparitions sans jamais être affecté par ce qu'il contient.
A la frontière de cette terrible douleur du corps, règne un calme absolu et silencieux : je suis cela.
Faire l'expérience de la douleur intense est aussi l'occasion de vérifier l'extreme fragilité et volatilité de la forme personnelle.
Rassurez vous, il n'est pas nécessaire d'expérimenter la douleur pour voir cela, c'est un clin d'oeil, la vie propose certaines opportunités surprenantes qui nous rappellent que nous pouvons tout lâcher, même la personne que nous croyons être.

QUAND LA RECHERCHE S'ARRETE





Voici quelques pistes pour les chercheurs fatigués. 

Quand la recherche s'arrête, le mental ne cherche plus à comprendre, il abandonne, il abdique. Je ne sais plus rien... est le premier signe de l'ouverture. 

Ce qui est révélé est là depuis toujours, si simple, plus besoin de chercher, c'est ce que je suis... une parfaite évidence. 

S'ouvre alors un espace vivant, conscient et éveillé, cette révélation se suffit à elle-même. 

La perception du réel s'inverse, ce rien ici devient la totalité de ce qui est. 

L'existence continue, le matin, je me rend au travail, avec mes collègues, je râle, je ris, le soir je rejoins ma famille, ma femme et mes enfants, les amis, ça crie parfois, ça pleure aussi, je m'inquiète, je dors, je mange, je suis heureux, malheureux, parfois découragé, je souffre aussi, c'est la condition humaine, nous sommes tous très intimement identifié et attaché à ce "je", à son histoire. 
Du travail d'investigation et de discrimination de ce qui n'est pas Soi va dépendre l'effondrement des croyances qui se fait dans le temps, toute une vie peut être nécessaire pour ça. 
Le mythe de l'éveil anesthésiant renforce le chercheur qui veut correspondre à un modèle illusoire qu'il n'atteindra jamais. 
Il n'y a personne pour atteindre quoi que ce soit, c'est un mirage, on peut juste perdre ce qu'on est pas. 
Acceptons notre humanité dans ce qu'elle a de plus fragile, la vie continue comme avant, avec ses limites, ses contraintes, ses imperfections apparentes. Rien n'est à jeter, tout est inclus en Soi. 
La seule chose qui peut arriver brusquement, d'une façon radicale, c'est l'arrêt de la recherche, le lâché prise s'installe par la vision claire de notre vrai nature. 

Ce petit "je", ce "moi", est le personnage dans l'existence, il change en permanence, il se recréé aux gré des événements, il n'a pas vraiment de structure fixe et stable, c'est plutôt une nébuleuse de pensées, de mémoires et de sentiments qui donne naissance à l'objet "moi" ayant l'apparence solide de l'individu. C'est normal qu'un individu apparaisse dans le monde, c'est nécessaire, la confusion vient de l'identification à ce corps-mental. 
Ce personnage qui vit sa vie n'est pas ce que je suis vraiment, c'est une modulation duelle de ma vrai nature, une projection connue à laquelle je suis identifié. 
Il suffit de laisser le personnage faire ce qu'il a à faire et de remarquer que je ne suis pas ce qui est connu mais voir que Je suis le vide conscient qui fait l'expérience de connaitre. 
Voyant que je suis ce que je cherche, la recherche cesse spontanément, c'est en paix et pleinement éveillé, faire un pas vers Soi est impossible, c'est déjà fait, je ne peux pas être autre chose que ce que je suis déjà. 
Le problème ne vient pas du personnage mais vient du fait que je ne peux absolument rien dire sur ce que je suis vraiment, c'est totalement incompréhensible, c'est pourquoi la recherche est vaine. Le mental ne peut pas appréhender ce qui n'a pas d'existence objective. 
Alors ne cherchez plus, c'est maintenant ou jamais ! voyez que vous êtes déjà Cela. 





L'ESPOIR, UN MIRAGE ...




Vous pourrez toujours essayer de devenir plus sage, plus éveillé, plus intelligent, plus fort, vous croyez que cela vous arrivera un jour. C'est ce que nous croyons tous, c'est la condition humaine.
Ce qui empêche la réalisation, c'est de croire que cela pourrait arriver à quelqu'un, c'est l'espoir de s'éveiller un jour. L'espoir est le carburant du mental, il renforce l'idée que ça ira mieux demain, c'est le fonctionnement dans le temps.
Parfois, à force d'habitudes, le mental s'épuise, n'essaie plus de comprendre, il abdique et libère la place.
La place vide génère cette vision, cette évidence, ce que nous sommes réellement ne devient jamais quelque chose, c'est déjà totalement plein de ce que nous sommes.  
Lorsqu'il est vu que tout est déjà donné à profusion, cadeau de l'instant éternel, l'espoir n'a plus de raison d'être.



DES PENSEES AUX EMOTIONS




Par exemple, un sentiment de tristesse monte, il se manifeste comme une sensation de pesanteur dans la poitrine.
Etiqueté comme négatif par le mental, le premier réflexe génère deux mouvements antagonistes : l'identification à ce sentiment s'opposant au refus de le ressentir.
Ce réflexe de blocage des émotions est un poison pour le corps.
En réalité, il y a une pensée suivie d'une perception corporelle ; la pensée n'est pas douloureuse en elle même, c'est l'interprétation erronée de cette pensée qui bloque la circulation de l'énergie vitale dans le corps. 
L'arrêt de ces mouvements naturels d'énergie finit par créer des "formes pensées" de tensions, lesquelles attirent tout ce qui leurs ressemble, ce qui provoque à la longue une accumulation de déchets pareil à un embâcle dans le lit d'une rivière.

En effet, la plupart des pensées qui arrivent sont prises pour vrai, je ne parle pas des pensées fonctionnelles mais surtout des pensées de jugements qui peuvent parfois polluer totalement le champ de conscience jusqu'a saturation . Les pensées sont des objets, nous ne faisons que les percevoir, elles ne nous appartiennent pas.
La pensée n'est pas personnelle, pas plus que le corps, le sac de noeuds se situe ici, dans l'usurpation d'identité de notre vrai nature par le petit "moi". 

Si nous sommes attentif à la sensation corporelle elle nous révélera la pensée qui l'a générée. Immanquablement, si nous remontons le fil d'ariane, la pensée racine est celle de se sentir séparé et au final nous arrivons toujours à la peur de mourir, de disparaitre. 
Souvent, cette découverte provoque une réaction de l'ego, qui, lorsqu'il est menacé génère de la peur et de la colère.

Il s'agit de voir que les sentiments lourds comme la tristesse, la peur, la déprime, le désespoir, sont simplement des mouvements de condensations, de densifications énergétiques qui se matérialisent sous formes de sensations corporelles, de tensions, lorsque l'identification avec l'histoire du personnage est encore là.

Aller directement à la sensation corporelle, c'est déjà laisser s'exprimer ce qui doit l'être, c'est reconnaitre qu'une pensée prise pour vrai s'exprime par une sensation dans le corps.
Si cette sensation est refusée parce que ça m'arrive " à moi ", la souffrance apparait.

Guérir, c'est rester avec la sensation sans rien en faire, la ressentir, en pleine conscience, alors la lumière de la présence va dissoudre et transformer la cristallisation énergétique qui est bloquée dans le corps. Accueillir cette émotion, l'espace de la conscience lui donne toute la place pour l'expression de son mouvement, la laisse vivre sans résistance, sans identifications, pour se transformer naturellement.

La souffrance est de l'Amour déguisé, alors n'hésitez pas, plongez dans votre souffrance, ressentez-la, embrassez-la, goutez-la jusqu'a plus soif, vous ne risquez rien ! puis prenez le temps de contemplez la fleur magnifique que vous allez faire éclore.

Il est très bénéfique de pratiquer une approche corporelle des ressentis car la compréhension seule ne suffit pas.
Le corps est le "passage secret" déjà ouvert, c'est la voie directe. 

A LA SOURCE DES REFLETS DE SOI





Le changement de perspective montre de manière indubitable que tout ce qui est connu n'est pas vraiment réel, que seul Cela qui connait est réel et que Cela qui connait ne peut pas être connu.
L'individu, l'ego, moi, est une image, un objet connu, ce n'est pas réel : c'est imaginé et perçu au sein de la conscience.
Nous nous cherchons en tant que quelque chose de connu, le mental cherche toujours un objet, c'est normal, c'est pour cette raison que nous nous rêvons au travers d'une projection imaginée à laquelle nous nous identifions.
Nous devenons alors l'image de nous même cherchant l'image de nous même à l'infini... c'est le labyrinthe des reflets de soi.
Pas la peine de nous imaginer, nous sommes Cela qui connait, qui est déjà présent et conscient maintenant en dehors de tout ce qui est connu.
Voyant qu'il n'y a que Cela, l'attention ne se focalise plus sur les objets y compris l'image de soi, c'est la fin de la croyance en un "moi" séparé et autonome. Le personnage est vu comme une fonctionnalité de l'organisme apparaissant dans le cours temporel de l'existence, il descend alors de son trône et laisse le vivant reprendre sa place.
Le lâcher prise résulte de la vision claire que notre vrai nature n'est pas objectivable se révélant être à la fois vide, éveillée et sans limites.

ENTRACTE






Petite pause dans cette série d'articles partagés sur le thème de l'éveil avec le sentiment d'avoir écrit ce qui avait besoin de l'être. 
Traduire en mots l'instant d'éveil est un exercice difficile. Pour être sensible à ce dont on parle ici, il est utile d'avoir déjà le goût de votre vrai nature sinon le personnage ego reprendra tout à son compte dans le but de s'éveiller un jour, c'est le piège. 
Ce qui est décrit dans ces pages est un témoignage parmi tant d'autres du changement de perspective accompagnant l'expérience directe. 
C'est la description d'un processus naturel se traduisant par l'effondrement de l'identification au faux personnage "moi" que l'on croit être et de l'ouverture de conscience qui en résulte. 
Le type d'approche proposé n'est pas une vérité absolue, c'est une vérité relative qui adopte une façon de percevoir, un certain point de vue. 
Peu importe la forme que prend la description depuis cette perspective, ce ne sont que des mots, ce qui compte, c'est voir et reconnaitre l'Unité que nous sommes.



LE MONDE EST L'EXPRESSION DE NOTRE CREATION COMMUNE





Notre responsabilité réside dans notre capacité à créer le monde auquel nous croyons. Le monde n'est jamais séparé de Soi.
Ne contribuons pas en permettant à l'obscurantisme de voiler la lumière que nous sommes déjà. Ouvrons nous à la possibilité qu'au plus profond du coeur de notre être, nous soyons la totalité du monde, que nous pouvons à nouveau reconnaitre cette puissance infinie. 
Rien ni personne ne peut nous empêcher d'être ce que nous sommes.
La bienveillance, la paix et l'amour sont notre vraie nature.
Retrouvons le pouvoir de créer le monde de paix auquel nous aspirons ardemment. 

UNE OMBRE PERÇUE






Le "moi" est un ensemble d'objets flottants dans la conscience faisant croire qu'il y a quelqu'un ici. La fascination exercée par ces objets est telle qu'un percevant apparaît se prenant pour ce qui est perçu.

ANCRAGE DANS LA PRESENCE





Lorsque vous savez qui vous êtes, vous n'avez plus besoin de vous chercher à l'extérieur, car vous percevez le monde en vous.
Tout ce dont vous avez besoin est ici, immobile, à l'instant disponible. 
Ce qui est conscient maintenant, c'est vous, vous n'êtes rien d'autre, aucune définition, aucune opinion, aucun rôle, aucun passé. En un instant, tout est pardonné, il n'est jamais rien arrivé.
L'ancrage dans la présence, c'est la vision que dans cette paix silencieuse et vivante, il ne manque rien. Quels que soient les errances du personnage, l'essence ne quitte pas la source, se perdre est une illusion.
Les concepts tels que la destinée, les vérités cachées, le sens, le but, n'ont plus de raison d'être car tout est déjà accompli, vous êtes complets dans votre pure lumière et totalement vulnérable dans votre humanité.
Une immense gratitude inonde alors le coeur, rien n'est plus délicieux que cette libération.




INCONNAISSABLE NATURE DU SOI




Ce que nous sommes est hors du temps et de l’espace, hors de l’existence, du spectacle. Situé en amont de tout ce qui est connu, autrement dit, cela reste absolument inconnaissable, intouchable, non objectivable. Nous sommes la nature de « être », c’est pourquoi cela ne peut pas être saisi, ce n’est pas un objet. 
Nous sommes ce que nous cherchons, ainsi nous ne pouvons pas nous trouver car nous le sommes déjà. 
Nous parlons ici d'une simple re-connaissance, d’une révélation de ce qui a toujours été là. 
Notre véritable nature est vide, et fort de cette évidence, il devient clair que les parties constituant l'individu comme le subconscient, l’inconscient, la psyché dans son ensemble, font partis du personnage temporel, du monde : ces parties sont périphériques et centrifuges, c’est pourquoi chercher à améliorer le personnage ne fait que renforcer le rêve d’individualité, éloigne et met en tension. Le personnage ne peut pas s’éveiller, c’est là le piège du chercheur. 
Laisser le personnage tranquille, laisser les pensées circuler librement, tout se fait déjà tout seul, pas besoin d’en rajouter une couche avec le libre arbitre. Accueillir ce qui arrive, nous n’avons pas le contrôle, tout arrive de lui même. Regardons la pièce de théâtre, c’est le spectacle du monde se déroulant maintenant. Il n’y a pas autre chose que ce qui est là maintenant, il n’y a nulle part ou aller et aucun effort à produire. 
Etant situé en dehors de l’existence, nous sommes le vide conscient qui, en même temps, perçoit et donne vie à l’existence. Depuis cette perspective, nous pouvons observer que nous ne mourrons ni ne naissons jamais contrairement au personnage transitoire que nous croyons être. 
Voir cela n’empêche pas la vie de se vivre intensément, bien au contraire, jouir de la vie est le coeur de notre humanité, nous sommes la vie, il n'y a pas de séparations. Etre humain c’est être sensible, c’est rentrer en relation, c'est rire et pleurer, c’est notre expérience de l’ici. Faire preuve de passion, de ferveur, de persévérance, voila les trois qualités du chercheur avant de découvrir qu’il n’y a ni chercheur ni rien a chercher. 
Lorsque la vision claire commence à dissoudre les croyances, s'établir en Soi est d'une très grande simplicité.

AU DELA DES MOTS




Du Soi ou de Cela, peu importe le nom qu'on lui prête, on ne peut en parler directement, à peine le pointer du doigt. Aucun mot ne parvient à s'en approcher de près, ils ne font que tourner autour à force de descriptions approximatives. Cela oblige l'écriture à de nombreuses répétitions convergeant vers l'endroit ou la réalisation du Soi illumine l'expérience. La lumière de ce point de passage si étroit se révèle quand le moment est venu, on ne peut pas manquer ce rendez-vous mais il n'y a rien que l'on puisse faire pour le provoquer. 
Les mots sont des pointeurs qu'il convient de manier avec précaution tout en s'assurant que nous utilisons la même grille de lecture. Ne croyez pas ce qui est dit ici au pied de la lettre mais voyez si il y a une résonance au sein de votre propre expérience.
Cette résonance est une sensation perçue, une connaissance directe et immédiate de la vérité hors de tout raisonnement.
L'intuition profonde qui en résulte est la compréhension vivante que vous êtes au bon endroit car au-delà des mots, se dessine votre boussole intérieure, vous savez alors qui vous êtes.

LA CONSCIENCE EST LA TOTALITE DE L'EXPERIENCE






Nous ne sommes rien d'autre que la conscience elle-même, c'est la seule réalité qui soit. Rien d'extérieur ne peut être saisi car rien n'a jamais quitté la source. Il y a une grande légèreté à n'être rien, à voir que tout émerge de ce "rien" et y retourne.


UNITE DES PERCEPTIONS





Ce soir là, brusquement, il y eu la compréhension que les sensations corporelles n’étaient pas personnelles au même titre que ce qui est vu, entendu, gouté et senti : l'ensemble des ressentis se retrouvent à égalité de perception, à la même distance sans distance. 
Les cinq champs de perceptions ne sont pas personnels : il y a simplement perception. 
Le corps est simplement une perception comme une autre et il est vu que la pensée qui dit : « c’est mon corps » vient après, c’est une couche rajoutée qui est produite par l'imagination. 
L’idée d’être ce corps s’estompe : l’identification tombe, la conscience redevient telle qu’elle est : pure lumière consciente, libre et totalement vide d’objets. 
Le corps devenait le monde et le monde devenait le corps, il n’y avait plus aucune séparation, plus d’intérieur ni d’extérieur, plus de sujet ni d’objet : la vie se célébrant elle même en son coeur. 
Il n’y a que cela, pure perception… lorsque « le moi » qui s’était pris pour le corps fut démasqué, il disparu instantanément car il n’était fait que d’illusion. 

L'OEIL DU CYCLONE




Pendant une fraction de seconde, le monde a disparu avec moi, englouti dans un vide vivant et lumineux, si vivant qu'il n'y avait que Cela, si simple que rien d'autre n'aurait pu perturber cette paix silencieuse. 
Ce fut instantané, j'étais devenu totalement transparent au point de ne plus remarquer l'absence de moi-même.

TERMINUS POUR L'EVEIL : RESSENTIR ET MOURIR EN SOI



L'éveil ... un grand malentendu règne autour de cette notion dont s'empare l'individu pour en faire nouveau dogme. Pourquoi dit-on que personne ne s'éveille ?
Personne ne peut s'éveiller tout simplement parce-que le personnage n'a pas d'existence réelle. C'est la réalisation instantanée, hors du temps, de l'unité absolue de la conscience. Il n'y a pas un "moi" séparé autonome, il n'y a absolument rien de ce genre. Cette réalisation n'arrive jamais demain, elle se réactualise d'instant en instant. 
Le personnage est aussi souvent confondu à tord avec l'ego.
Pas besoin de tuer ni l'un ni l'autre, il n'y a personne pour le faire.
Tuer le personnage est impossible car il n'existe pas.
Tuer l'ego est impossible car il fait partie intégrante des mécanismes qui constituent l'être humain manifesté et incarné. C'est le mécanisme de protection et de défense qui donne une solidité au personnage, il maintient son intégrité coute que coute.
L'organisme a besoin de l'ego pour fonctionner normalement, sinon nous serions tous à la dérive, c'est un miroir indispensable, tant qu'il y a incarnation, l'être humain est construit de cette façon.
Je parle d'un ego qui reste au service de la conscience, un ego qui a retrouvé sa place en équilibre avec le reste. 
Tout comme la personnalité de chacun, laissons la vie s'occuper de tout cela, nous n'avons aucun contrôle, aucun pouvoir, restons tranquille à observer tout ce petit monde, ça ne nous concerne pas.

Pour résumer, l'éveil est donc la réalisation que personne ne s'éveille. La recherche s'arrête et c'est bien tranquille ici...
Ce qui amène à cet endroit précis, à la croisée des chemins, est différent pour chacun, les perspectives, les points de vues, les histoires, les approches, le vécu deviennent un tremplin. Chacun vivra l'expérience unique qui donne accès au tout. En Chacun, dans ce qu'il a de plus intime est contenu la totalité du monde. 
Ce moment est un mystère total, personne ne peut comprendre ça.

Le mieux est que je vous fasse part de mon expérience car c'est la seule dont je puisse réellement parler. Observons le processus, tout en gardant à l'esprit qu'il est différent pour chacun.
A moins de s'appeler Ramana Maharshi, pour la plupart d'entre nous, l'expérience appelée "éveil" ne dure pas, elle a un début et une fin, elle n'est pas stable, souvent accompagnée d'une multitude de visions fulgurantes pareilles à un feu d'artifice. Ce sont des instants d'éveils, ce n'est pas l'éveil.
Passé la lune de miel, l'identification au personnage (qui n'existe pas) ressurgit brusquement comme un diable qui sort de sa boite. 
A partir de là c'est la franche rigolade, je dirais plutôt la dégringolade. On bénéficie en général d'un tour gratuit pour les montagnes russes ou pour le grand huit au choix.
Le personnage qui s'accroche à son nouveau jouet (l'éveil) se retrouve bien démuni lorsqu'il redescend brusquement sur terre et qu'il faut repartir au boulot, payer les factures, réparer le robinet qui fuit, et sortir les poubelles ! et la chute est parfois terrible, car on croit vraiment être une personne qui s'est éveillée.
Contrairement à certains clichés, après la première vision, la vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais plutôt un torrent déchainé d'émotions, de blessures, de sensations, qui remontent pour être libérées en pleine conscience.
C'est aussi une succession d'échos de compréhensions toujours plus profondes, une alternance de rapprochements et d'éloignements de la source, comme le ferait une onde sur l'eau.
L'organisme se fait secouer par un processus naturel d'élimination et d'effondrement des croyances, comme un mouvement en perpétuel auto-approfondissement.
Je me suis retrouvé face à un déferlement d'émotions si intense que je n'ai pas eu d'autres choix que de plonger dedans, au plus profond, de les ressentir toutes, une à une. Petit à petit, épousant la peur, la tristesse, la colère, le mépris, la honte et j'en passe, faisant corps avec, devenant l'émotion pure, leurs nature négative en apparence s'est finalement dissoute.
Une joie a progressivement pris la place, une joie sans cause, brulante, incandescente, un embrasement total, un feu intérieur a consumé cette masse d'énergie émotionnelle.
Il semble bien que ce feu a transformé ce trop plein émotionnel.
En fait, je ne sais rien de ce processus, je ne sais pas l'expliquer. Les larmes coulaient et le corps brulait, c'est tout ce que je peux en dire maintenant. Tout ces phénomènes font partis de l'expérience, ça passe, c'est transitoire, et ce n'est toujours pas l'éveil.
Il aura fallu plusieurs mois pour commencer à sentir une stabilisation, un ancrage dans la présence.
On ne peut pas échapper à son humanité ici, ressentir est ce qui nous rend vivant, le corps est un accès direct à qui nous sommes, il ne ment pas, c'est un sas, un portail. Les ressentis corporels sont essentiels, lorsque l'attention les parcoure, ils ouvrent immédiatement sur la vacuité de la conscience.
Ne plus fuir, ne plus se protéger, marcher nu dans le torrent des émotions et se frotter aux ressentis du vivant que nous sommes.
Des sensations, des perceptions continuent d'apparaitre, mais ne sont rattachées à rien, elles sont là pour personne, n'appartiennent plus à personne, c'est la vision impersonnelle, c'est très léger.
Il n'y a aucune alternative, dans ce maelström énergétique, ce que je ne suis pas, le personnage, le faux soi, va se déliter peu à peu.
Cette mort initiatique est un acte de foi mille fois répété d'instant en instant, les derniers pas sont effectués dans une solitude totale, au point zéro de mon humanité. 
A cet endroit précis, la croyance d'être une personne disparaît, du petit "moi" transcendé, il ne reste rien, il ne reste que Cela.
Il ne s'est rien passé, instantanément, c'est la révélation la plus simple et la plus évidente qui soit.


UN CHEMIN D'ILLUSIONS




Tant que nous croyons qu'il y a un chemin à parcourir dans le but de trouver quelque-chose, nous continuerons à chercher sans jamais rien trouver.
L'arrêt de la recherche vient avec la réalisation qu'il n'y a rien à chercher, nous sommes simultanément le chemin et ce qui est recherché. En fait, personne ne peut trouver quoi que ce soit.
C'est dans l'abandon total de soi-même que se révèle l'éternel instant. 
De cette évidence spontanée, si déroutante pour le mental, nous ne pouvons rien en faire, rien en savoir de plus, il ne reste qu'a se laisser porter par la présence silencieuse.

LA DUALITE EST UNE FAÇON DE PENSER, CE N'EST PAS LA REALITE







L'expérience directe, c'est arrêter de chercher, c'est voir ce qui se passe maintenant sans s'identifier aux pensées. 
On ne trouve jamais le couple sujet/objet dans la réalité, il n'y a que voir, entendre, sentir, gouter, ressentir ; il n'y a que des perceptions. 
La dualité sujet/objet est créé par la pensée, c'est cette couche en plus qui est prise pour vrai. 

Au début, voir la réalité à travers l'expérience directe est très subtil, on doit être très attentif au cours de l'exploration, regarder avec beaucoup d'attention et de discernement. 
Ce dont on parle ici est un retournement total de perspective. 
Car cela n'a jamais été remis en question, c'est aller au delà d'un conditionnement très très puissant, quasi hypnotique. L'humanité fonctionne dans la dualité, à distance de la source comme déportée dans un rêve, séparée d'elle même en apparence. 
Nous nous sentons séparé parce-que l'idée d'être un "moi" temporel créé une rupture artificielle en l'Unité, en nous identifiant à une pensée qui fait croire à un "non soi" appelé extérieur. 
Je vous invite à observer très simplement la réalité jusqu'a fusionner, jusqu'a la disparition du personnage. 
Par exemple, constatez-vous une distance entre ce que vous voyez et ce qui est vu ? ou est-ce la même chose ? 
Constatez-vous une distance entre ce que vous entendez et le son qui est entendu ? ou est-ce la même chose ? 
Dans l'expérience de regarder un nuage, y a t'il quelqu'un qui regarde ? ou est-ce une pensée ? le nuage à t'il besoin de quelqu'un qui regarde ? 
Y a t'il un endroit dans l'expérience ou commence "quelqu'un" et ou se termine ce qui est vu ? 
Constatez très simplement que la perception est la totalité de l'expérience, il n'y rien d'autre en dehors, pas de sujet, pas d'objet. 
Observez qu'une "pensée image" de conditionnement est toujours accolée à la perception pure, c'est cette pensée qui est prise pour vrai, elle met une étiquette à tout ce qui est perçu, et cela d'instant en instant. A travers ce filtre mental, le vivant se voile, la distance apparait, c'est mort, c'est la routine, c'est l'habitude, c'est gris. 
En fait, Cela qui perçoit n'est jamais séparé de rien, il prend la forme de toute chose tout en restant Cela. 
Nous sommes potentiellement la substance de toute chose. 
Lorsque la réalité apparait telle qu'elle est dans l'instant, les conditionnements disparaissent, l'objet est vu pour la première fois mais fait de notre propre substance. 
L'étiquetage mental de l'objet disparait, le stylo, la fourchette, la chaise etc...ainsi que les émotions, sentiments sont contenus en ce que je suis. 
L'objet banal en apparence devient un mystère vivant d'une incroyable beauté. 
L'objet émotion peut être ressenti dans sa totalité, il circule librement dans le corps sans blocages puis disparaît. 
De cette unité retrouvée, l'Amour est tout ce qui est. 
Cette façon de percevoir est notre nature, pas besoin d'avoir fait des années de méditation, d'avoir côtoyé un maître éveillé, d'être diplômé de je ne sais quelle école du mystère. 
Je ne vous parle pas ici de spiritualité ! je vous parle d'un processus naturel. Lorsque nous sommes prêts à tout lâcher, c'est disponible maintenant, pour chacun d'entre nous, au rythme de chacun et coloré par le filtre de chacun. Il y a autant de points de vues et d'approches que d'êtres humains. 
Il n'y a pas de recettes pour plonger au coeur de notre humanité. 
Nous sommes la source que nous n'avons jamais quitté. 

DE LA CONSCIENCE A LA FORME



L'attention est de la conscience qui prend forme. 
En conséquence, tout ce qui semble apparaitre à l’extérieur est une variante de nous même. 
Le seul pouvoir que nous ayons c’est de choisir de le voir ou pas ! 
Dans le mode séparé : quelqu’un porte son attention sur quelque chose. 
Dans le mode unifié : la conscience se connait elle même en prenant forme. 
Fondamentalement, peu importe la forme que nous prenons, nous ne cessons jamais d’être ce que nous sommes, le reconnaitre nous ramène à la source. 
Cela n’empêche pas le vécu de se balancer alternativement entre les deux modes, tantôt séparé ou tantôt unifié, c’est mon expérience d’être humain. 
Dans ce sens, nous pouvons dire que nous sommes des êtres multidimensionnels. 

SIMPLICITE



Dans cette inextricable complexité apparente de nos vies, nous nous perdons dans les infinies possibilités qui semblent se présenter. Nous regardons à partir de l'individu situé quelque part sur la ligne du temps et nous croyons faire des choix. Nous nous enfermons alors dans le labyrinthe des regrets, des souvenirs et des espoirs déçus auxquels nous nous identifions. 
Souvent, nous entendons dire : c'est ma vie, j'ai fait ma vie, ma vie est derrière moi etc...

Et si tout cela n'était qu'un leurre, une simple illusion.
Nous pouvons abandonner tout ce que nous pensons de nos vies, c'est un poids aussi inutile qu'encombrant, nous ne sommes pas moins nous-mêmes lorsque nous en déposons le contenu. Nous avons la possibilité de nous alléger totalement de ce fardeau car ce sont des croyances, des souvenirs, ce n'est pas réel. Seul maintenant est réel.

Vouloir comprendre notre vie avec la tête porte en lui le germe de sa complexité et nous éloigne toujours plus de nous même. Souvent ressassées en boucles, les complaintes de l'ego abandonné tournent sans arrêts autours des souvenirs accumulés.
Même si nous utilisons le raisonnement qui est adapté au monde manifesté, il ne peut rien comprendre de la conscience qui est en dehors de tout ce qui est connu. 

Lâcher le connu et regarder à l'intérieur avec la compréhension vivante, voire que tout est déjà là, que nous n'avons jamais bougé d'un millimètre de notre vrai nature, libre du passé, libre de tout dans l'instant.

La simplicité réside dans l'Unité du coeur d'ou émane simultanément et instantanément la compréhension vivante.
Nous sommes Cela.

JEU DE CACHE CACHE





Comme un soleil, notre vrai nature est juste voilée par quelques nuages.
Parfois, l'épaisseur du voile est si dense que la nuit noire s'installe, pourtant, le soleil est toujours là, étincelant.
Nous sommes le soleil qui ne se voit pas en tant que soleil parce-que la distance avec lui-même est telle, qu'il croit que les nuages ont pris sa place.
Nous sommes bien cachés sous l'apparence du monde extérieur, sous l'apparence de l'autre, enfermé dans un rôle, une définition, nous sommes partout, sous toutes les formes infinies que prend le kaléidoscope des identifications au moi ou à ce qui n'est pas moi.
Ce jeu de cache cache est la vie qui se cherche, ce n'est qu'un jeu, nous ne risquons rien car nous ne sommes jamais vraiment perdus. En l'espace d'un éclair, nous pouvons retrouver la totalité de qui nous sommes, retrouver l'Unité instantanément.
On réalise alors que ce n'était pas vrai, c'était comme jouer à se perdre pour mieux célébrer les retrouvailles.



LE DEBUT EST LA FIN




Le jour ou j'ai réalisé que j'étais rempli de rien, je n'ai pas éprouvé le besoin d'en savoir plus. 
Cette vacuité se suffisant à elle-même, je me suis retrouvé comblé de l'intérieur, ici, rien ne manquait. 
Plus besoin de gravir les marches, la première étant la dernière, j'étais déjà arrivé avant même de partir.

LACHER CE QUE NOUS CROYONS ETRE



Tout abandonner ? même le chercheur ? 
Pas d'inquiétude, sans lui nous sommes encore présent. 
Nous ne pouvons pas nous trouver si nous cherchons quelque part à l’extérieur, au loin, dans un futur hypothétique. Nous recherchons ce que nous sommes déjà, c’est le piège du chercheur, en cherchant, nous nous éloignons de la source et renforçons le personnage. 

Voici la bonne nouvelle que j'ai la joie de partager avec vous : 
Pas besoin de chercher, nous sommes déjà présent, maintenant, conscient, vivant, c’est nous, nous sommes cela, il n’y a rien d’autre. 
C’est difficile car nous nous cherchons en tant que quelque chose, mais c’est vide, nous ne sommes pas quelque chose ! 
Nous sommes le strictement banal qui n’est jamais remarqué par le mental, nous sommes la conscience de maintenant : c’est le grand mystère vivant de qui nous sommes qui est passé sous silence, incroyable déni dans un monde ou la perspective semble inversée. 

Il y a souvent une pensée récurrente qui nous éloigne de nous même et qui raconte que nous n’avons pas trouvé, que ça ne peut pas être aussi simple, que ça devrait être beaucoup plus spectaculaire, que nous devrions être plongé dans une extase mystique ou quelque chose comme ça. 
N'écoutons pas la petite voix qui nous dit comment ça devrait être. 

Nous ne sommes pas la pensée qui dit ça, nous sommes cela qui constate cette pensée, avant la pensée, toujours présent : c’est nous; nous ne sommes jamais parti de là ou nous sommes ! Nous ne pouvons pas rater ce rendez-vous ! Il est impossible de ne pas être ce que nous sommes. 


L'outil qui nous sert à penser ne peut pas accéder à l'expérience d'être conscient, la nature du raisonnement intellectuel est étranger à la nature de "être". N'essayons pas de comprendre, allons nous installer au coeur du vivant, là où il n'y a plus personne, hors des croyances et des concepts. 


Voyons simplement ce que nous ne sommes pas et à mesure que les couches d'illusions auront été dissoutes, il ne restera que "ce rien" ici. En perdant tout ce que nous ne sommes pas nous retrouvons notre véritable identité. Nous sommes la même conscience universelle projetée, modulée et filtrée à travers le prisme de chaque être humain à l'extérieur, nous ne faisons qu'Un à l'intérieur. 


Ne cherchons plus, ne fuyons plus, laissons la vie s'occuper de l'extérieur, du monde. 
Regardons ce qui est ici, un regard suffit, un regard intérieur. 


C'est radical parce-que tout peut être abandonné. 
C'est difficile car on parle bien de la liberté de ne rien être, située aux antipodes des conditionnements d'une société engluée dans le matérialisme et l'individualisme. 

C’est aussi extrêmement simple en ce sens que tout est déjà accompli. Oui, tout abandonner... mais qui pourrait tout perdre au fond, puisqu'il n'y a personne pour lâcher prise, c'est déjà libre de tout. Personne ne peut abandonner, le lâcher prise est une conséquence directe de la vision qu'il n'y a pas d'individus séparés. 


RIEN A FAIRE




Par la voix des sages, on entend souvent dire "Il n'y a rien à faire" : une affirmation bien embarrassante pour MOI.

Le personnage, chercheur en devenir, fait des tas de choses, il médite, il prie, il pratique, lit de nombreux ouvrages de spiritualité, participe à des stages etc... faire est ce qu'il sait faire de mieux ! Continuer à chercher, s'améliorer, courir, s'agiter, et ne jamais trouver, laissons le faire jusqu'à épuisement, c'est son truc et c'est parfait comme ça.

A force d'aller se cogner contre la bordure du monde pour se trouver, l'attention finit par remarquer une petite anomalie.
En effet, malgré tous ses efforts, l'individu ne se trouve jamais réellement lui-même à l'extérieur, le monde ne dit absolument rien sur ce qu'il est. 
Seule la conscience qui perçoit le monde est réelle, elle le contient et en est à la fois la substance.
L'individu est juste une projection mentale dans le monde et dans le temps, il est construit de rien, c'est un amas de pensées.

Faire ou ne rien faire est une question de perspective :
Du point de vue de la conscience, "Cela" qui regarde le monde ne fait jamais rien et il est vu qu'il ne s'est jamais rien passé.
Ou dit autrement : il n'y a rien à faire pour être.

Par contre, du point de vue du personnage temporel, bien au contraire, tout reste à faire.
Le chercheur fait des tas de choses, surtout des choses qu'il fera demain dans le but de s'éveiller, laissons le faire, c'est pas grave.
Parfois, au bout du bout, une grande lassitude remplace "le faire", à l'endroit de l'effondrement de l'idée d'un "moi" qui pourrait faire quelque chose.
C'est la vision "Une" que ça se fait sans MOI ! la vie prend déjà tout en charge.

Comme un caméléon, il est très amusant de passer du faire au rien faire, cela ne change rien à la nature de qui nous sommes.
Dans ce jeu de miroir et d'apparences on ne peut jamais vraiment se perdre.
Laissons faire ...